Pierpoljak

Salle d'attente

Pierpoljak
L'un près de l'autre, ils étaient là,Tous deux assis, comme endormisAu bord de la banquette en boisDans la salle d'attente.A travers la vitre, on voyaitLe vieux manège qui grinçaitEt sa musique tourbillonnaitDans la salle d'attente,Et cette musique semblait pousserLa grande aiguille de la penduleAvec un bruit démesuré,Démesuré et ridiculeEt cette pendule les obsédait,Cette pendule qui les regardait,Cette pendule qui tourbillonnaitDans la salle d'attente,Et dans leur tête ça glissait,Manège, musique, pendule...La pendule devenait manège,Le manège devenait pendule,Et leurs souvenirs, en cortège,Remontaient, défilaient, s'envolaient...L'un près de l'autre ils étaient là,Tous deux assis, comme endormisAu bord de la banquette en boisDans la salle d'attenteEt quand le train est arrivé,Tous deux, ils se sont regardésEt sans un mot se sont levés,Dans la salle d'attente,Et dans leur tête, ça glissait :Présent, passé, manège...Les souvenirs devenaient présents.Le présent devenait souvenir...Et leurs paroles, en cortège,Hésitaient, se troublaient, s'envolaient.Quand, dans le train, il est monté,C'est elle qui s'en est aperçuEt en courant est revenueDans la salle d'attenteMais le train avait disparu...Vous n' trouvez pas que c'est idiot,Une femme qui marche dans la rueAvec une musette et un calot ?C't' idiot !...C't' idiot !......C't' idiot !
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